Page:Aimard - Par mer et par terre : le corsaire.djvu/229

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Un matelot était occupé à fourrer un des haubans de hune et à rétablir des enfléchures démarrées tout exprès ; ce matelot était Ivon Lebris, le second du corsaire, qui, tout en paraissant occupé d’une besogne imaginaire, interrogeait attentivement l’horizon dans toutes les directions.

Il va sans dire que le branle-bas de combat avait été fait en sourdine et que tout était prêt à bord du Hasard, pour l’attaque comme pour la défense.

Plusieurs voiles, différemment orientées, selon la direction qu’elles suivaient, étaient en vue.

La terre n’apparaissait nulle part.

Le ciel était bleu, le soleil chaud, la brise assez forte, mais très-maniable ; il faisait un temps comme les aiment les marins, temps avec lesquels les matelots n’ont presque jamais à toucher les manœuvres, où le navire, bien appuyé, suit tranquillement sa route sans fatigue.

Parmi toutes ces voiles, dont la plupart s’enfonçaient de plus en plus sous les dernières lignes de l’horizon, Ivon Lebris, toujours dans la mâture, en aperçut enfin deux : un brick-goëlette et un trois-mâts pieu, d’environ sept cents tonneaux, semblant marcher de conserve, à demi-portée de canon l’un de l’autre.

La goëlette avait le trois-mâts sous le vent et semblait attentivement le surveiller.

Il suffit d’un coup d’œil à Ivon Lebris pour reconnaître le pirate signalé par maître Caïman et si complétement décrit par M. Maraval.

Les deux bâtiments, ainsi que l’avait annoncé le maître d’équipage, avaient le cap en avant du Hasard et gouvernaient de façon à passer sous son beaupré.