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En le voyant immobile, les Shawnees respirèrent ; un grondement de loup sortit de leurs poitrines, et le plus hardi d’entre eux s’approcha du Huron pour le scalper.

À peine avait-il fait deux pas qu’une balle siffla et le coucha par terre : c’était Niniotan qui venait de faire feu.

La meute sanguinaire se rua sur lui avec rage : mais l’enfant bondit sur le corps de son père, ramassa son couteau tout fumant, et se redressa en poussant de sa voix grêle le cri de guerre, le redoutable cri de guerre paternel.

Il y eut un moment d’hésitation parmi les Shawnees : à cet instant, la moitié d’entre eux tomba se tordant dans les convulsions de l’agonie ; un redoutable feu de peloton venait d’éclater dans le bois, et une voix forte s’écriait :

— Par ici ! enfants ! je vois ces masques-rouges à travers les arbres. En avant ! feu ! pas de quartier ! — Dieu me bénisse ! ils ont serré la détente avant d’avoir reçu l’ordre !

Suivant de près leurs balles, les Riflemen bondirent hors du fourré, le couteau à la main : deux ou trois d’entre eux, le capitaine en tête, avaient