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LES TROIS GLISSADES.

« Et voilà Gustave Burton. Il ne glisse pas mal, n’est-ce-pas ? mais ce n’est pas étonnant avec ses grandes jambes, » dit un troisième.

— Hourrah ! pour Édouard Derlin. »

Et un cri général accueillit au passage un jeune homme à la figure avenante qui avait un mot gracieux pour tous ceux qu’il rencontrait.

« Laure et Lotty restent dans la glissade de la prairie, mais Molly Loo est la seule qui prenne celle de la mare, dit une petite fille timide et peureuse. Moi je ne voudrais aller pour rien au monde de ce côté-là ; la glace n’est peut-être pas encore solide.

— Il fait pourtant un froid de loup, répondit un autre. Tenez, Molly n’est pas la seule, voici Jack Minot, le frère de Frank, et Jane Peck qui vont comme le vent.

— Faites place.

— Au petit Jack, » chantèrent alors les petits garçons qui trouvaient toujours une chanson ou un sobriquet à appliquer à leurs camarades.

Le joli traîneau rouge dont ils parlaient portait un petit garçon qui semblait tout sourire et tout soleil, tant ses dents étaient blanches, ses cheveux dorés et toute sa personne animée et heureuse. Sa compagne ressemblait à une petite Bohémienne, avec ses yeux et ses cheveux noirs, ses joues de la même couleur que son capuchon écarlate et sa figure pleine de vie et de gaieté. Elle se tenait d’une seule main et de l’autre agitait en triomphe le fichu bleu de Jack.

« Jane va partout avec Jack Minot ; il est si gentil qu’il ne refuse jamais rien.

— Aux filles, interrompit malicieusement l’un des