Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/21

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LES TROIS GLISSADES.

ginez que nous n’aimons que les choses très faciles, sans plaisir ni danger. Croyez-vous donc que nous ne pouvons pas être aussi braves et aussi fortes que vous ? Voyons, Jack, donnez-moi trois « dégringolades » et ce sera tout. Ma première culbute ne compte pas, ainsi glissons, deux fois encore, et après je serai sage comme une image, »

Jane regardait le bon Jack d’une façon tellement irrésistible, qu’il lui céda immédiatement. Ils partirent de nouveau en soulevant derrière eux un nuage de neige finement pulvérisée, et s’arrêtèrent juste devant la palissade de la manière la plus gracieuse.

« C’est idéal ! s’écria Jane, excitée par les bravos de leurs camarades. Plus qu’une fois maintenant ! »

Jack, fier de son adresse retourna au point de départ, bien décidé à faire de cette troisième fois l’exploit le plus remarquable de la journée, Jane le suivit aussi rapidement que si ses grosses bottines étaient les fameuses bottes de sept lieues du Petit Poucet. Tout en marchant ils parlèrent du goûter qui devait suivre et entrèrent dans une grande discussion pour résoudre cette grave question de savoir si on leur donnerait, oui ou non, des noisettes.

Ils étaient si absorbés par cet important sujet qu’ils montèrent un peu à la hâte dans leur traîneau et partirent comme le vent. Jane oublia de bien se tenir et, s’il faut l’avouer, Jack distrait ne pensait pas assez, cette fois, à bien conduire.

Hélas ! trois fois hélas ! Personne ne sut comment cela arriva, mais le traîneau brisa la palissade qui était vermoulue. Après s’y être heurté rudement, il la franchit, et soudain on entendit un terrible craquement, et petit garçon, petite fille, traîneau, palissade, avec un tour-