Page:Alcott - Jack et Jane.djvu/294

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
246
JACK ET JANE.

ne faut pas fatiguer Jane ? « Pas trop à la fois, » c’est là notre devise.

— C’est tout près, mère, n’ayez pas peur… Tenez, nous y voilà !

— Oh ! qu’est-ce que c’est que cela ? s’écria Jane.

— C’est une maison de notre invention, dit Frank en apparaissant subitement et lui faisant un profond salut.

— Madame Jane, prenez possession de votre domaine, dit Jack en lui tendant la main pour l’aider.

— C’est ravissant ! » s’écria Jane.

Qu’était-ce donc ? C’était un bateau de pécheur. Il était percé et hors d’usage. On l’avait abandonné sur le rivage. La quille était enfoncée dans le sable, et le bateau ne dépassait le sol que de quelques centimètres. Jack et Frank s’en étaient emparés pour Jane. Ils l’avaient déblayé du sable qui était dans le fond, étendu un châle par-dessus et nettoyé les bancs pour en faire comme de petites tables. Un parasol planté dans le sable devait garantir les habitants de l’ardeur du soleil. C’était une charmante maison, où l’on pouvait tenir à l’aise deux ou trois personnes. On eût pu chercher longtemps avant d’en trouver une semblable. Jane pouvait s’y coucher et voir de là tout ce qui se passait sur la plage.

« Comme vous êtes gentils ! s’écria-t-elle. Mais êtes vous bien sûrs que personne ne le réclamera ?

— Il n’y a pas de danger, répondit Frank. Nous avons demandé à nos amis, et ils nous ont dit que jamais personne n’avait pensé à s’en servir.

— Comment ! vous avez déjà des amis ! fit Jane en ouvrant de grands yeux.

— Certainement, dit Jack. Nous sommes intimes avec