Page:Alcott - Les Quatre Filles du docteur Marsch.djvu/166

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passa quelque temps avant que l’ordre pût être rétabli.

Une longue discussion suivit cette proposition, et la réunion, très animée, ne se termina que fort tard dans la soirée par trois hourrahs en faveur du nouveau membre du club.

La vérité et la justice nous forcent à dire que jamais personne ne regretta d’avoir admis Laurie dans le club, et que le club ne pouvait en effet posséder un membre plus dévoué, mieux élevé et plus gai que lui. Il ajoutait certainement de l’esprit et du ton au journal. Ses discours donnaient presque des convulsions à ses auditeurs, tant ils étaient drôles, et ses rapports étaient tour à tour de vrais chefs-d’œuvre de gaieté ou de raison.

La poste aux lettres était une invention excellente et elle prospérait étonnamment. Il y passait presque autant de choses que dans une vraie poste aux lettres : des tragédies et des cravates, de la poésie et des bonbons, des graines et des rubans, des invitations, des gronderies et des livres. Cette idée avait plu au vieux M. Laurentz, et il s’amusait à envoyer, par ce moyen, au club, des paquets toujours pleins de surprises, des messages étranges ou mystérieux, bien faits pour exercer l’imagination des membres du club, mais qui aboutissaient toujours à quelque aimable chose. Un seul fait anormal se produisit. Il arriva que le jardinier de M. Laurentz, qui était captivé par les qualités sérieuses de Hannah, crut pouvoir se servir de la poste du club pour lui envoyer une lettre de demande en mariage ni plus ni moins, qu’il recommandait à la bienveillance de miss Jo. Hannah refusa en haussant les épaules. Qu’avait-elle besoin de se marier ? La famille de sa bonne maîtresse ne lui suffisait-elle pas, et au delà, pour occuper ses bras et son cœur ?