Page:Alembert - Traité de dynamique (1758).djvu/30

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
xviij
DISCOURS

fondie[1] ; que Mac-Laurin a fait tous ses efforts pour renverser ; & à laquelle enfin les écrits d’un grand nombre de Mathématiciens illustres ont contribué à intéresser le Public. Ainsi, sans fatiguer le Lecteur par le détail de tout ce qui a été dit sur cette question, il ne sera par hors de propos d’exposer ici très-succinctement les Principes qui peuvent servir à la résoudre.

Quand on parle de la force des Corps en Mouvement, ou l’on n’attache point d’idée nette au mot qu’on prononce, ou l’on ne peut entendre par-là en général, que la propriété qu’ont les Corps qui se meuvent, de vaincre les obstacles qu’ils rencontrent, ou de leur résister. Ce n’est donc ni par l’espace qu’un Corps parcourt uniformément, ni par le tems qu’il employe à le parcourir, ni enfin par la considération simple, unique & abstraite de sa masse & de sa vitesse qu’on doit estimer immédiatement la force ; c’est uniquement par les obstacles qu’un Corps rencontre, & par la résistance que lui font ces obsta-

  1. Voyez le Discours sur les loix de la communication du Mouvement, qui a mérité l’éloge de l’Académie en l’année 1726 où le P. Maziere remporta le prix. La raison pour laquelle la piece de M. Bernoulli ne fut point couronnée, se trouve dans l’éloge que j’ai publié de ce grand Géometre, quelques mois après sa mort, arrivée au commencement de 1748.