Page:Alexandri - Ballades et Chants populaires de la Roumanie, 1855.djvu/28

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l’aurore de la régénération de sa patrie tout entière :


LE 31 JANVIER 1844


« Je te salue, ô jour heureux ! jour sacré de liberté, dont les rayons vivifiants pénètrent l’âme roumaine. Je te salue, ô jour de gloire pour ma patrie bien-aimée, toi qui montres à nos yeux l’humanité affranchie.

« Bien des siècles de douleur ont passé comme une longue tempête en pliant le front d’un peuple condamné au malheur ; mais le Roumain brise aujourd’hui, de sa main puissante, la chaîne de l’esclavage, et le Cigain, libre enfin, se réveille au sein du bonheur.

« Le soleil de ce jour-là est plus resplendissant, le monde est plus joyeux en ce jour ; en ce jour mon cœur grandit dans ma poitrine ; ma vie est plus belle que jamais aujourd’hui, car je vois la Moldavie se réveiller à la voix de la liberté, et je la sens s’attendrir à la voix de l’humanité.

« Gloire et grandeur à toi pour l’éternité, ô ma noble patrie ! toi qui viens de sanctifier le droit et la justice ! Ton bras, en brisant le joug des Cigains, a jeté dans l’avenir les bases de ta propre liberté ! »


Mais le vote de l’Assemblée n’émancipait que les Cigains de l’État, ceux des boyards et des monastères continuèrent à demeurer dans l’esclavage. L’âme généreuse d’Alexandri regrettait que la mesure n’eût pas été générale, et que le gouvernement n’eût pas fait une loi de son exemple. Aussi, tout dernièrement, lorsqu’une perte cruelle, en le frappant dans ses plus chères affections de famille, lui