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LE COLLAGE

très rassuré. Au milieu de la nuit, on vint sonner violemment à ma porte : il était mort !

Le surlendemain, l’heure de l’enterrement arrivée, Hélène, malgré trois dépêches de moi, n’avait pas donné signe de vie. J’avais, en son nom, lancé des lettres de faire part. Je dus conduire le deuil avec un arrière-petit-cousin du commandant, propriétaire à Miramont, venu pour la circonstance. Une compagnie de la garnison rendait les honneurs militaires. Il y avait beaucoup de monde : les membres du cercle où allait Derval, des magistrats, des officiers en retraite, l’indispensable M. de Lancy et son fils ; — tous indifférents et curieux. J’avais fait la leçon à l’arrière-petit-cousin ; et, en distribuant des poignées de main, nous répondions aux interrogations muettes, que « madame Moreau », très gravement malade, n’avait pu venir. Leur curiosité satisfaite, la plupart n’allèrent même pas jusqu’à l’église. À la porte du cimetière, le petit-cousin, très pale, prit brusquement congé de moi, en me remerciant de ce que j’avais fait pour « son parent », moi, un simple ami : mais lui, depuis dix-sept ans déjà, n’avait plus mis les pieds dans un cimetière ! il fallait l’excuser s’il partait ! la vue des tombes lui faisait mal, c’était vraiment plus fort que lui ! Quand les soldats et le prêtre des morts se furent également retirés, je restai seul. Et, à chaque pelletée de terre des