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LE COLLAGE

Au lieu du lac, la Seine et ses bateaux-mouches ; l’évocation de quelque souvenir heureux, comme en grand voyage à Suresnes ; un dîner sur l’herbe, puis un lent retour, en remontant le fleuve, à deux sur le pont, se serrant l’un contre l’autre au milieu de la cohue des passagers du dimanche.

La nuit tombait, le Café de la Couronne devenait désert. Il ralluma sa pipe et revint à pied à Carouge. Après le dîner, quel ne fut pas l’étonnement du fruitier et de sa femme de voir leur pensionnaire se mettre à un ressemelage, le soir, contre toutes ses habitudes. Le lendemain, au lieu de faire la conduite à ceux qui partaient, levé deux heures plut tôt que d’habitude, il peinait dur. Après le repas du soir, il travailla à la chandelle.

— Vous allez vous tuer, monsieur Jacques, lui dit la fruitière, ne devinant pas encore.

Elle comprit tout à coup, la brave femme, et retint une exclamation. Puis, le soir, au lit, elle causa longuement avec son mari. Et leur conversation amena ce résultat : le lendemain, mardi 13, ces braves gens accompagnaient leur pensionnaire à la gare, au train de onze heures. Non seulement ils ne voulurent rien recevoir de l’arriéré de quatre-vingt-trois francs, mais ils remirent à celui qui partait dix-sept francs, « pour faire la somme ronde ».

Clouard se défendait :

— Pour ça, non ! jamais !… Vous voyez que