Page:Alfred de Bougy - Le Tour du Léman.djvu/280

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M. Audin, dans sa moderne Histoire de la vie, des ouvrages et des doctrines de Calvin, avance d’amusantes choses ; il prétend que l’épiscopat genevois eût prêté les mains aux patriotes de la Cité pour secouer le joug de la maison de Savoie, ce qui est notoirement erronné, car il appert de tout ce que l’on a écrit sur Genève que les catholiques, soit les gentilshommes de la Cuiller, soit les mammelus et les réfugiés genevois du château de Peney (brigands et pillards qui ravageaient la campagne et commettaient toutes sortes d’atrocités), soit les réfugiés du château de Jussy, fiefs de l’évêque, conspiraient contre la ville avec le duc, et avaient formé l’odieux projet de la livrer à celui-ci.

Si les derniers prélats de Genève eussent fait cause commune avec les citadins, ils n’auraient pas livré au bourreau l’héroïque et malheureux Philibert Berthelier, un des premiers champions de la liberté genevoise, et appliqué Pécolat, homme de bien, à la torture, pour lui arracher l’aveu de projets criminels qu’il n’avait point formés.

Je lis encore dans la même histoire que : de toutes les formes religieuses, le protestantisme est celle qui est la plus ennemie de la liberté des peuples.

Il ne suffit pas de lancer une proposition tranchante, absolue, il faut, si l’on veut lui donner quelque poids, quelque valeur, l’appuyer de preuves ; or, pour réduire