Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/109

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CYBÈLE

à sa pure source immatérielle ; de là le respect et l’amour que nous portons à tout ce qui vit ; de là, je dirai presque une sorte de retour vers un sabéisme qui nous fait comprendre l’universalité des astres eux aussi vivants qui entourent le nôtre, dans les hommages que mérite tout ce qui émane et fait partie du Grand-Être, du Dieu père éternel de toute existence. Vous verrez dans nos grandes fêtes religieuses quelle part on a su faire à toutes les formes sous lesquelles se manifeste l’ubiquité universelle du grand principe divin.

— N’est-ce pas là un pur et grand panthéisme ?

— Oui et non. Oui, c’est du panthéisme en tant qu’universalité d’un Dieu dont fait partie toute la nature vivante. Non, si vous entendez que l’univers même soit Dieu. Notre Dieu est en dehors et au-dessus de la matière qui n’est pas Dieu. Il est, si faute d’autre je puis employer ce mot insuffisant, une personne douée de volonté et de puissance. Il agit sur la substance matérielle et universelle qu’il pénètre ou dont il se retire à son gré. Platon l’avait déjà dit « C’est le démiurge opérant sur la substance qui existe en dehors du démiurge et limite à son tour son pouvoir. » Ce n’est donc pas, vous le voyez, la pure doctrine panthéistique. Nous restons bien déistes tout en comprenant la nature vivante en la personne de Dieu. Notre religion