Page:Alhaiza, Cybèle, voyage extraordinaire dans l'avenir, Georges Carré, 1904.djvu/167

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CYBÈLE

l’hémisphère boréal avaient commencé à excéder en longueur les hivers antarctiques, que le poids de la calotte glaciaire boréale déplaçait déjà sensiblement vers le nord le centre de gravité du globe et que le moment était proche où une brusque secousse allait résulter de l’épouvantable débâcle de la masse des glaces australes désemparées. Tandis que les côtes et les basses terres de l’hémisphère nord se voyaient depuis longtemps déjà peu à peu envahies par l’océan qui montait toujours de ce côté, les terres australes, de plus en plus dégagées au contraire, commençaient à s’élever et leurs bas-fonds à émerger sur un grand nombre de points au fur et à mesure que baissait le niveau des flots. Les îles Polynésiennes semblaient chercher de toute part à se rejoindre ; les chaînes reparues des montagnes sous-marines dressaient toujours plus haut leurs sommets bizarrement couronnés de murailles de corail ; le petit continent australien se distendait comme fait une tache d’huile et poussait tous les jours ses rivages plus avant vers l’Océan ; enfin plus près du pôle, les terres entrevues autrefois par Ross et Dumont d’Urville croissaient à vue d’œil, et il commençait à surgir sur une immense étendue un autre continent dont les côtes devaient un jour s’avancer dans la mer des Indes jusque vers le quarantième parallèle.