Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/144

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archer se querellait à l’arrière-garde avec un juif.

L’archer leva trois doigts.

Le juif en leva deux.

L’archer lui cracha au visage.

Le juif essuya sa barbe.

L’archer leva trois doigts.

Le juif en leva deux.

L’archer lui détacha un soufflet.

Le juif leva trois doigts.

« Deux carolus ce pourpoint, larron ! s’écria l’archer.

— Miséricorde ! en voici trois, s’écria le juif. »

C’était un magnifique pourpoint de velours broché d’un cor de chasse d’argent sur les manches. Il était troué et sanglant.