Page:Aloysius Bertrand - Gaspard de la nuit, édition 1920.djvu/203

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Ils plaignent jusques au ver luisant qu’une goutte de pluie précipite dans des océans d’un rameau de mousse.

Ils plaignent le pèlerin attardé qui rencontre le roi Pialus et la reine Wilberta, car c’est l’heure où le roi mène boire son palefroi de vapeurs au Rhin.

Mais ils plaignent surtout les enfants fourvoyés qui se seraient engagés dans l’étroit sentier frayé par une troupe de voleurs, ou qui se dirigeraient vers la lumière lointaine de l’ogresse.

Et le lendemain, au point du jour, les petits charbonniers trouvèrent leur cabane de ramée, d’où ils pipaient les grives, couchée sur le gazon et leurs gluaux noyés dans la fontaine.