Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/126

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


un pas de plus, il ferait feu ; puis, le voyant s’avancer toujours, il mit la baïonnette au bout de son fusil. Le Vert n’était plus qu’à quelques pas ; le sieur De Gaillonnet, voyant qu’il voulait le désarmer, tira sur lui et l’atteignit dans le gros de la cuisse. Ce malheureux jeune homme tomba et mourut peu d’instans après. Le père Le Vert, qui était accouru au secours de son fils, fut blessé. Les deux gentilshommes s’enfuirent du pays pour éviter les poursuites de la justice, et furent condamnés par contumace à avoir la tête tranchée. En 1756, Geoffroy-Joseph De Caqueray, sieur de Frileuse, vint seul à Rouen solliciter le privilége. Ce n’était pas lui qui avait porté à Le Vert le coup mortel ; seulement il était avec le sieur De Gaillonnet, son frère, lorsque ce malheur était arrivé, et l’instruction prouvait qu’il avait tiré aussi et qu’il avait donné à Le Vert père plusieurs coups de crosse de fusil. Il fut élu par le chapitre et délivré par le parlement. Ce jour-là, toutes les cloches de la cathédrale sonnèrent comme pour le jour de l’Ascension. On célébra, non la messe propre de ce dimanche, mais celle de l’Ascension. Tout eut lieu comme si c’eût été le jour de cette fête.

Un mois après, le sieur De Gaillonnet, meurtrier de Le Vert, qui avait été retenu en Angleterre par une maladie, ou qui, plus coupable que le sieur De Frileuse, n’avait osé se montrer tout d’abord,