Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/138

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1772. Le privilége reçoit un échec au conseil supérieur.

A la fin de 1771, les parlemens avaient été supprimés ; des conseils supérieurs les remplaçaient. Le chapitre, qui avait montre des égards pour les nouveaux magistrats, que tant d’autres regardaient comme des intrus, ne s’attendait pas, sans doute, à voir son privilége recevoir une atteinte de la part de ce tribunal éphémère, surtout dès la première année de sa frêle existence. Le jour de l’Ascension 1772, les chanoines, présidés par M. De la Rochefoucauld, archevêque de Rouen, avaient élu à l’unanimité Joseph Dupuy, du diocèse de Limoges. Dupuy avait commis un grand crime, sans doute : il avait tué l’aïeul de sa femme. Mais il lui avait fallu défendre sa vie contre cet homme violent, qui souvent l’avait accablé d’injures, de mauvais traitemens, et qui, ce jour-là, après avoir cherché vainement à lui asséner un coup de bêche, se disposait à lui lâcher un coup de pistolet à bout portant. Et puis, douze années entières s’étaient écoulées depuis ce jour funeste ; Joseph Dupuy, époux, père de deux ou trois enfans, avait, pendant ces douze années, expié son crime par la misère et les angoisses ; caché à Rouen, il avait, sept ou huit années de suite, sollicité le privilége ; le chapitre crut que le moment de l’indulgence était venu pour ce malheureux, et le désigna enfin, tout d’une voix, pour jouir du privilége. Mais, au palais, — on fut sans pitié ; le conseil supérieur, après