Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/18

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déplaisaient, pour entrer dans le village comme en pays ennemi, sommant les habitans de leur remettre les rôles des tailles, afin que l’on pût rédiger les bulletins de logement. Les représentations qu’on adressait à ces soldats indisciplinés ne faisant que les irriter, ils se rendirent à l’église, en forcèrent les portes, et y commirent une infinité de désordres ; puis ils escaladèrent le presbytère pour le piller. Cependant, deux ou trois villageois montèrent au clocher et sonnèrent le tocsin. A ce bruit, tous les habitans se rendirent à la hâte sur la grande place, avec des armes, des bâtons, des fourches et des haches. En ce moment, les soldats sortaient du presbytère, emportant les vêtemens, les surplis, les meubles, les provisions ; le capitaine La Fontaine du Houx était le plus échauffé de tous ; il emportait le manteau du curé sur la selle de son cheval ; il tenait des poulets à sa main ; et l’on voyait un verre à vin attaché à son chapeau, en guise de plumet ; équipage, on l’avouera, assez peu digne d’un gentilhomme, d’un capitaine. Sur la place étaient des amas de provisions et des tas de meubles, enlevés par cette troupe, tant dans le presbytère que dans l’église, où, par la permission du curé, quelques habitans les avaient déposés, espérant, bien à tort, qu’ils y seraient en sûreté. Qu’eût fait de pire cette soldatesque en pays conquis ? Cependant, apercevant tous les villageois réunis en armes sur la place, le capitaine La Fontaine