Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/187

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porterait la parole et se contenterait de prononcer la formule d’insinuation. Ce laconisme n’était pas du goût de tous les membres du chapitre. En 1695, l’abbé D’Eudemare devait porter la parole au nom des chanoines nommés pour aller insinuer le privilége. L’abbé D’Eudemare était un écrivain, un savant ; nous lui devons plusieurs ouvrages ; ne voulant point, apparemment, laisser passer cette occasion de faire briller son esprit devant la première cour souveraine de la province, il représenta au chapitre, quelques jours avant l’insinuation, « qu’il seroit à propos de ne point s’en tenir au formulaire, et qu’il debvoit estre libre aux députéz d’estendre leurs discours, et user de telles paroles qu’ilz trouveroient estre plus convenables. » Si le chapitre voulait que l’on s’en tînt au formulaire, il demandait à être déchargé de la commission qui lui avait été donnée, d’aller insinuer le privilége et de porter la parole. Puis, voyant, à l’attitude de ses confrères, que sa prétention allait être écartée, il jeta brusquement le formulaire sur la table de pierre du chapitre, en disant : Messieurs, voilà vostre prescript ; et il se retira. Ces paroles assez vives, et plus encore le geste peu mesuré qui les avait accompagnées, indisposèrent le chapitre. Il fut arrêté que l’abbé D’Eudemare exécuterait la commission dont il avait été chargé, et se servirait des termes portés par le formulaire, sans y rien