Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/202

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debvoit estre supercédé de passer oultre à l’inquisition et perfection du procès des hérétiques, et qu’au dict privilège, en ce cas, ne debvoit estre obtempéré. » Le parlement lui donna gain de cause, et décida « que par les juges, tant ecclésiastiques que royaulx, debvoit estre procédé contre les faulteurs d’hérésie, nonobstant le prétendu privilège de sainct Romain, et durant iceluy. »

En mai 1550, lorsque les députés du chapitre vinrent au parlement pour insinuer le privilége, il n’était bruit, au Palais, que « d’ung cas fort énorme commis dans la nuit. » Plusieurs prisonniers de la conciergerie avaient été surpris faisant effraction pour ménager l’évasion de Jean Filleul et ses adhérens, chargés du crime d’hérésie et appelans d’une sentence qui les avait condamnés à être brûlés vifs. Devait-on surseoir aux procédures contre ces hérétiques et contre ceux qui avaient voulu les faire évader ? L’avocat-général Lefèvre pressa les chanoines députés de s’expliquer à cet égard. La réponse de ces ecclésiastiques fut telle qu’avaient pu le désirer les gens du roi. « En cas sy exécrable comme celluy qu’a récité monsieur l’advocat du roy, et crime d’hérésie, le chappitre n’entend empescher qu’il soit procédé à faire et parfaire le proceds des prisonniers et à y donner arrest, horsmis, toutes fois, l’exécution de mort et peine du dernier supplice. Il n’y a celluy, dans la compaignye du