Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/205

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En 1574, quelques jours après l’insinuation, un homme ayant été surpris sur les remparts de Rouen, muni de chevilles avec lesquelles il travaillait à enclouer les canons, M. De Brévedent, lieutenant-général au bailliage, ordonna qu’on lui fît immediatement son procès. Le chapitre se plaignit de cet attentat au privilége, mais voyant que sa réclamation n’était pas favorablement accueillie, il demanda « qu’en cas que ce qu’en avoit faict, en cecy, M. De Brévedent, auroit esté chose si nécessaire et urgente qu’elle ne pouvoit estre différée pour le salut de la ville, attendu les guerres et hostilités ouvertes dedans ceste province, le parlement déclarât, du moins, que ceste procédure ne pourrait estre tirée à conséquence et préjudice du privilége de sainct Romain. » On contenta le chapitre par une déclaration de ce genre.

Le 28 avril 1592, après l’insinuation, le parlement ligueur séant à Rouen autorisa le prévôt de l’Union à faire immédiatement le procès à deux soldats accusés d’avoir volé deux boisseaux de farine a une pauvre femme qui les apportait à Rouen où on manquait de tout, et d’avoir, en d’autres rencontres, volé, pour les vendre, un grand nombre de vaches et de moutons. L’arrêt était fondé sur la « nécessité d’ung exemple publicq, pour la vollerie qui estoit par les dicts soldats, proche des portes de Rouen, notoirement congneue à tous ceulx qui