Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/213

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c’était devant l’église Saint-Herbland qu’ils s’en séparaient. Le mercredi, ils ne la quittaient qu’à la Crosse, lorsqu’elle détournait par la rue de l’Oratoire (aujourd’hui de l’Hôpital), pour se rendre à Saint-Nicaise[1]. Ces trois jours, les chanoines, leurs chapelains et les officiers qui les accompagnaient, visitaient successivement toutes les prisons de la ville, en commençant par celles du bailliage.

D’anciens manuscrits nous apprennent qu’à leur arrivée au bailliage les envoyés de la cathédrale étaient accueillis avec les plus grands honneurs. Le bailli et le concierge « les recevoient doulcement et honnourablement », et les accompagnaient jusques dans l’intérieur de la prison. On les conduisait dans une chambre basse, nommée le parquet, « que le geollier avoit parée le plus honnourablement que il avoit peu, pour révérence de l’esglize et d’iceulx chanoines. » Cette chambre était jonchée d’herbes et de fleurs ; deux pavios (pavillons ou dais) et deux carreaux y avaient été placés pour les deux chanoines. Sur une table couverte d’un doublier d’une éclatante blancheur, était un magnifique crucifix d’argent doré[2]. A l’un des coins de la chambre,

  1. Rituel manuscrit de la bibliothèque de Rouen, écrit dans le xviiie siècle.
  2. « Fuit eisdem ministrata quedam camera bassa, herbis viridibus parata, munita quâdam mensâ dupleario albo et mundo coopertâ, super quo erat quedam crux argenti deaurata ad yimaginem crucifixi depicta, pro jurando prisionarios. » (Reg. capit., xv sœculi, passim.)