Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/217

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en implorant l’aide du bras séculier, soit en le menaçant de le faire mettre au cachot, soit en l’y faisant mettre, selon la qualité des personnes. Les commissaires devaient aller trouver au lit ceux qui étaient malades.

Les prisonniers détenus pour crime de lèze-majesté étant exclus du bénéfice du privilége, il semble qu’ils ne pouvaient être examinés par les députés d’un chapitre qui n’avait pas le droit de les élire. Souvent, toutefois, les chanoines députés voulurent les interroger, et triomphèrent de la résistance que ne manquaient pas de leur opposer les commandans des prisons. Sans rappeler ici un fait de ce genre, consigné dans la première partie de l’histoire, nous dirons qu’en 1436, aux Rogations, les chanoines ayant su que dans la grosse tour du château étaient détenus Robert De Gaillarbosc, Girard D’Esquay, le bâtard D’Aunoy, Robert Bosquet et deux cordeliers, tous Français, accusés de trahison envers Henri V, c’est-à-dire de fidélité envers Charles VII leur roi légitime, les chanoines, sur le refus qu’on leur faisait de les laisser communiquer avec ces prisonniers, adressèrent des représentations énergiques à l’illustre Talbot, qui, enfin, donna l’ordre de les introduire dans la grosse tour, où ils examinèrent et interrogèrent les prisonniers. On les vit quelquefois chercher partout dans la ville, et interroger des individus