Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/312

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Dieu[1]. » Chacun des musiciens portait les livrées du maître de la confrérie de Notre-Dame, avec ses armoiries représentées sur une enseigne de taffetas, environ d’un pied et demi en carré. La châsse de Notre-Dame, en argent vermeil doré et ciselé, pesant cent dix marcs d’argent, ornée de seize piliers et de six tableaux représentant l’histoire de la Vierge, avec trois figures en bosse posées sur le sommet de la châsse ; celle du milieu, haute de huit pouces, était l’image de la sainte Vierge ; les autres, hautes de six pouces, représentaient deux prophètes. Derrière cette châsse, qui « contenoit du laict, des cheveux et de la chemise de la bienheureuse Vierge », on voyait « plusieurs notables bourgeois de la ville, marchant deux à deux, avec une grande dévotion. » Venaient ensuite les deux bannières de Notre-Dame, les enfans de chœur portant à la main d’énormes bouquets achetés aux frais du chapitre, qui donnait, annuellement, une

    trompettes à la séance annuelle du Puy de la conception. Cet incident inspira à l’auteur de la Muse normande, un cant rial, où il disait, entre autres choses :

    « Vrément, vrément, qui frait la chose aintelle
    » A la gargoüille, et que sans devantiaux
    » Fut les corneux qui vont jouant Miquelle
    » Ou Jean de Vert à la mode nouvelle,
    » Y liéret bien criay : Michaux, Michaux. »

    (Muse normande, pages 196, 197.)

  1. Recueil des antiquitéz et singuiaritéz de la ville de Rouen, par F.-N. Taillepied, page 82.