Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/327

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de l’eau, comme un vestige de l’ancienneté de leur juridiction. A les en croire, « elle existoit du tems des premiers ducs de Normandie ; le vicomte étoit alors le seul juge civil et criminel de la ville de Rouen, et tous les délits qui se commettoient tant dans la ville que sur les rivières de la province étoient de sa compétence. Sa juridiction n’avoit été restreinte aux cas civils et criminels qui se commettoient sur les rivières de Seine et d’Eure, que depuis l’établissement des bailliages en tribunaux de justice collégiaux et permanents[1]. » Après avoir prononcé cette sentence de délivrance, les juges de la vicomté enregistraient le nom du prisonnier, son âge, son pays et sa qualité. Alors, paraissait le prieur de Notre-Dame-du-Pré, autrement dit de Bonnes-Nouvelles, qui, selon l’usage et en vertu d’un droit très-ancien, adressait une remontrance au prisonnier, et lui donnait ensuite la bénédiction. Dans les premiers tems, les prisonniers étaient conduits pour cela au prieuré, sis de l’autre côté de la Seine ; mais il y en eut de tués par leurs ennemis qui les épiaient soit sur la Seine, soit sur la chaussée ; et il fut arrêté que le prieur du Pré se rendrait à la vicomté. Il se tenait anciennement auprès de ce prieuré une foire très-célèbre qui appartenait aux religieux ; cette foire avait lieu

  1. Lettre de M. De Miromesnil à M. Bertin (déjà citée).