Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/332

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et à la vue d’une foule immense qui remplissait l’église.

Des scènes semblables à celles que nous venons de rapporter purent faire renoncer à l’usage de promener ainsi le prisonnier par les rues. Dans la suite, on le conduisit directement de la vicomté chez le maître en charge de la confrérie de Saint-Romain. Là il trouvait un dîner préparé, et, « quelque pauvre qu’il fust, il estoit traicté et servy magnifiquement[1]. » Le chanoine qui présidait à la confrérie de Saint-Romain, le chapelain et les membres de cette confrérie, étaient de ce repas. Le maître en charge ne manquait pas d’y inviter le chanoine qui avait célébré la grand’messe ; apparemment cet ecclésiastique, à jeun depuis la veille, et qui, encore, était allé dire le Benedicite et les Grâces au dîner du chapitre, n’était pas celui des convives qui faisait le moins d’honneur au festin. « Les compaignons (frères servans) de la confrarie Sainct Roumaing devoient avoir, à icellui disner, dix solz d’avantage (de rétribution) de la dicte confrarie[2]. » Il va sans dire que ce dîner ou souper était aux frais du maître en charge de la confrérie.

  1. Plaidoyer de l’avocat Monstreuil, pour le chapitre, en 1607, page 28.
  2. Article 14 des statuts de la confrérie de Saint-Romain, confirmes en 1346.