Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/333

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A la fin du repas, le prisonnier, se levant de table, et joignant les mains, remerciait, à haute voix, saint Romain, du bienfait qu’il lui avait accorde. C’est ce qu’on appelait l’action de grâces. Puis, « se le prisonnier avoit son hostel (sa demeure) en la ville, les compaignons de la confrarie, tous ensamble, debvoient l’y convoier (s’il luy plaisoit)[1]. » S’il n’avait point son domicile à Rouen, le maître de la confrérie devait lui donner un lit. Toujours, on lui abandonnait la plus belle chambre du logis, qu’encore on avait eu soin de parer richement pour cette circonstance. D’anciens manuscrits parlent de l’étalage que faisaient, dans cette occasion, les maîtres en charge, qui renchérissaient toujours les uns sur les autres. Probablement, le prisonnier, après avoir figuré si long-tems et avec tant de fatigue, se couchait bien harassé et devait goûter enfin quelque repos.

En 1494, la nuit d’une prisonnière qui venait de lever la fierte fut troublée par un incident assez bizarre. Guillemine, femme et complice du nomme Andrieu, coupable de meurtre, avait obtenu le privilége pour elle et son mari. A la voir, lors de la procession, marcher alègre et gaie, portant la fierte de saint Romain comme si ce reliquaire

  1. Statuts de la confrérie de Saint-Romain, confirmés en 1346, article 14.