Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/339

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Le chapitre faisait toujours un présent à celui de ses membres qui avait fait cette remontrance. Quelquefois l’archevêque se chargeait de la faire. En 1618, le sieur De Thirac, conseiller au parlement de Bordeaux, ayant été admis à lever la fierte, M. De Harlay, archevêque de Rouen, offrit de lui adresser, le lendemain, la remontrance accoutumée. « Il fut grandement remercié et prié de la faire. » Le lendemain, « le sieur De Thirac fut, en la présence de grand nombre de peuple, repris et incrépé grandement par le prélat, et exhorté de bien et honnestement vivre, à l’advenir, sans plus commettre aulcun crime. » En 1621, ce prélat adressa la remontrance au sieur De Gadaigne Champeroux ; il le fit d’autres fois encore ; il recherchait cette occasion de faire briller l’éloquence dont il avait fait preuve, dès sa première jeunesse, disputant publiquement en Sorbonne avec les savans les plus illustres, et cela en français, en grec et en latin[1]. Cette exhortation était suivie du serment du prisonnier. L’archevêque l’interpellait en ces termes :

« Tu iures à saintes euvangilles que tu seras féal et obéissant d’ores en avant aux doyen et chapitre de l’église de Rouen et à leurs successeurs.

Item, que tu garderas le profit et honneur,

  1. Abraham Golnitz, Vlysses Belgico-Gallicus, ex officina elzevirianà, 1631, page 209.