Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/46

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conseil contre les arrêts de cette cour, lorsqu’elle aurait jugé indigne de la fierte un prisonnier élu par le chapitre. Par ce projet, le privilége aurait été modifié sur d’autres points essentiels. Le chapitre, convaincu que « cette déclaration ruineroit le privilége », fit tout pour en arrêter l’expédition. Le premier président était à Paris pour suivre cette affaire dans l’intérêt de sa compagnie ; l’abbé Gaudon, chanoine de Rouen, y fut envoyé pour défendre les droits du chapitre, et conférer avec M. Pussort, que le roi avait chargé de cette affaire. Il y séjourna long-tems, et correspondit activement avec M. Dufour, abbé d’Aunay, autre chanoine, qui était resté à Rouen. « Voyez souvent monseigneur Pussort (écrivait l’abbé d’Aunay à son ami) ; cependant nous leverons les mains au ciel, comme Moyse, durant que, comme un autre Josué, vous conduirez la guerre du Seigneur et combattréz contre Amalec. Bellum Domini contra Amalec. » Amalec, ici, la chose est claire, c’était le parlement de Rouen, ou, si l’on veut, le premier président Pellot. A Rouen, dans le clergé de Notre-Dame, il ne se parlait alors que de la fierte, et de ce que faisait l’envoyé du chapitre pour parer le nouveau coup qui semblait menacer le privilége. Cependant, quelques chanoines, jaloux du choix que l’on avait fait de l’abbé Gaudon pour une mission délicate dont ils ne s’estimaient pas