Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/521

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propriétés de madame De Fleury, il leur cria, de loin, de s’arrêter et de laisser leur charge. Deux d’entre elles jetèrent le bois qu’elles avaient pris et s’enfuirent. La troisième, nommée Calon, s’en allant avec le bois qu’elle avait pris, Bailleul lui tira un coup de fusil, pour l’arrêter, n’ayant aucun dessein de la tuer. Mais le coup porta dans les reins, et la fille Calon mourut peu d’heures après.


1720. Robert Caron, âgé de 53 ans, compagnon charpentier, demeurant à Bliquetuit.
    En avril 1709, coupant du bois pour son chauffage, dans la forêt de Brotonne, près du chemin de Normare, il fut aperçu par Longuemare, garde de la forêt, qui le contraignit de lui livrer sa hache. Longuemare lui donna ensuite plusieurs coups de bourrade de pistolet. Caron, irrité de ces mauvais traitemens, lui donna un coup de bâton, dont Longuemare mourut presque immédiatement.


1721. Louis-François Vincent, âgé de 23 ans, ci-devant employé à la romaine de Rouen, de la paroisse de Saint-Vincent de ladite ville.
    En juin 1720, revenant du Pré de la Bataille, où il avait bu avec un de ses amis, il rencontra, à la Bourse, un vieux mendiant à qui il donna quelques tapes sur la joue, en lui disant ; « Vieil coquin, on devrait t’envoyer à Mississipi. Va-t’en à Mississipi. » Trois jeunes gens qui passaient trouvèrent mauvaise sa manière d’agir, et lui dirent que s’il ne voulait point donner l’aumône à ce mendiant, du moins il ne devait pas le maltraiter. De là une dispute, puis des voies de fait. Vincent mit l’épée à la main ; le jeune homme qui lui avait parlé, voulut parer les coups avec un bâton, mais bientôt il fut atteint d’un coup mortel. Ce jeune homme s’appelait Ferdinand Collier.