Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/545

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1770. Pierre Boisnet, âgé de 38 ans, du Puy-en-Velay, huissier au siége présidial de ladite ville, résidant à Brioude.
    En mai 1762, le nommé Filleré, huissier, porteur d’une ordonnance qui l’autorisait à forcer les portes d’une maison où il devait faire une saisie et à prendre main-forte, pria Boisnet de se joindre à lui et à ses records. Ils se rendirent à cette maison, appartenant à un nommé Le Seure. Cet homme était monté sur le toit de sa maison, et leur cria que non seulement il ne leur ouvrirait point, mais qu’il les empêcherait bien d’entrer ; et comme ils ordonnaient à un serrurier, qu’ils avaient amené avec eux, de forcer les portes, il fit pleuvoir sur eux une grêle de pierres. Boisnet s’introduisit, toutefois, dans la maison par une petite fenêtre du rez-de-chaussée, armé d’un fusil pour imposer à Boisnet, dont il redoutait la fureur, puis il ouvrit à ses compagnons qui entrèrent. Le Seure, outré de colère, détacha deux grosses pierres de sa cheminée, et s’en servit pour défoncer le toit de sa maison, qui tomba sur les huissiers et les records. Deux d’entre eux s’enfuirent, mais Boisnet n’y put réussir, embarrassé qu’il était dans les décombres. Le Seure le voyant dans cet état, se disposait à lui jeter une grosse pierre qu’il tenait à deux mains sur sa tête, lorsque Boisnet, voyant qu’il était en danger de périr, tira un coup de fusil à Le Seure, et le tua.


1771. Jean-Denis Duval, âgé de 50 ans, marchand de bois à Saint-Gervais-lez-Rouen.
    Depuis quelque tems il s’apercevait qu’on lui volait son bois. Le 20 décembre 1769, s’étant mis aux aguets dans le fond de Déville, avec le garde du bois de l’Archevêque, il vit bientôt paraître un homme qui emportait un baliveau de chêne. Cet homme voulait s’enfuir, mais Duval lui tira un coup de fusil.