Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/58

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porta l’épée nue sur l’estomac, en le menaçant de le tuer. Le bureau de Darsy avait été établi chez le curé de Quesques ; les sieurs D’Attigny dirent en blasphémant, à ce curé, que s’il donnait davantage retraite chez lui à Darsy ou à ses gens, et s’il ne l’obligeait pas de quitter son bail, ils brûleraient la tête à Darsy et à lui aussi. Le curé fit connaître ces menaces au chapitre, mais malheureusement, les laissa ignorer à Darsy, qui, peu de jours après, étant revenu à Quesques, et se disposant à retourner chez lui, fut assailli, à la porte du presbytère, par les sieurs D’Attigny accompagnés de deux valets, tous quatre armés de fusils ; il voulut rentrer dans le presbytère, mais en vain. Le fils D’Attigny, par l’ordre de son père, lui tira un coup de fusil, dont il mourut quelques heures après. Les D’Attigny prirent la fuite. La veuve et les enfans du sieur Darsy obtinrent, le 10 juillet 1683, une sentence de la sénéchaussée de Boulogne, qui condamnait, par contumace, les sieurs D’Attigny et leurs deux valets à la peine de mort, et de plus à huit mille livres de dommages-intérêts. Ces derniers n’ayant pu, malgré l’intercession de puissans protecteurs, obtenir leur grâce du roi, recoururent au chapitre de Rouen. D’Attigny fils se présenta, fut élu par le chapitre, délivré par le parlement, leva la fierte le 31 mai 1685, et se crut absous. Mais la veuve et les six enfans de Darsy