Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/580

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existence ; et on n’auroit plus à redouter, dans la ville, et particulièrement dans le commerce, une charge de cette espèce, imposée sans titre, soutenue sans raison, et qui, loin de donner de l’édification aux fidèles, n’étoit qu’une occasion de dépenses inconsidérées ou de clameurs et risées scandaleuses « contre la religion même que l’on voudroit mal-à-propos y intéresser.

Ils priaient le parlement de leur donner acte de ce qu’ils renonçaient à la qualité de confrères de la confrérie de Saint-Romain, et à tous les droits et actions qui pourraient en résulter. « Ils n’entendoient dorénavant faire aucunes assemblées en cette qualité, ni procéder à la nomination forcée ou volontaire d’aucuns nouveaux maîtres ou confrères. Ils étoient prêts à remettre aux hôpitaux de Rouen la propriété des meubles et immeubles de la confrairie ; pour, à ces conditions, être déchargés de toute obligation relative aux anciens et nouveaux usages de la confrairie, comme étant instituée sans droit, sans titre et sans utilité ni nécessité quelconque. »

Qu’il y a loin de cette requête au tems où, du propre aveu de ses auteurs, la maîtrise de la confrérie était « non seulement acceptée volontairement, mais sollicitée avec instance et concours » ! Le chapitre de Rouen, sans se rendre partie dans cette affaire, présenta au parlement un mémoire contre la prétention des confrères de Saint-Romain[1]. Les fonctions auxquelles étaient obligés les confrères de Saint-Romain, étaient (disait le chapitre) étroitement liées avec l’exécution du privilége de la fierte. C’étaient eux qui faisaient présenter à la cour, par le ministère de leur chapelain, le cartel ou acte de l’élection faite par le chapitre ; ils portaient ou faisaient porter, à leurs frais, la châsse de Saint-Romain au lieu où le prisonnier obtenait sa délivrance en levant ladite châsse ; ils

  1. Mémoire pour les doyen, chanoines et chapitre de l’église métropolitaine de Rouen, au sujet de la confrairie de Saint-Romain établie en la dite église (18 pages in-4°.), imprimé à Rouen chez J. Le Boullenger. 1765.