Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/581

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le conduisaient dans tous les lieux où il devait donner des marques de son repentir et recevoir des remontrances proportionnées à son crime et à la grâce qui lui était accordée ; c’étaient eux qui devaient le présenter aux chanoines rentrés dans le chœur, après la procession ; et le conduire, après qu’il avait entendu la messe, au tribunal de la vicomte de l’eau, où un religieux du prieuré de Bonnes-Nouvelles lui faisait une dernière exhortation ; enfin, ils lui donnaient l’hospitalité, et le retenaient sous leur garde depuis l’instant où la cour l’avait fait délivrer aux huissiers du chapitre, jusqu’à l’assemblée capitulaire du lendemain, qui faisait le complément de la cérémonie, et dans laquelle il recevait encore des avis salutaires par le ministère d’un chanoine. Tous ces services, marqués au coin de la religion et de la charité, étaient intimement liés à l’exécution du privilége de saint Romain, et contribuaient à la solennité de la fête. On ne pouvait les supprimer sans abolir un usage immémorial, et sans troubler l’ordre d’une cérémonie si intéressante pour la ville de Rouen et pour toute la province. Des abus s’étaient introduits dans la confrérie, par un faux point d’honneur qui, depuis quelque tems, avait porté les maîtres à enchérir les uns sur les autres en dépenses superflues et ruineuses ; mais la confrérie tout entière en était-elle responsable ? et les maîtres actuels pouvaient-ils, avec bienséance, demander sa destruction, pour des abus dont ils étaient seuls coupables et qui avaient été déjà condamnés tant de fois par les loix civiles et ecclésiastiques ? C’était à eux de se conformer aux ordonnances, arrêts et réglemens ; ainsi, il ne se trouverait plus rien que d’édifiant dans les exercices de leur société, et, par conséquent, rien qui pût porter la cour à la détruire ; c’était à eux de demander l’abolition des abus qu’ils avaient introduits dans la confrérie, ou plutôt de les abolir eux-mêmes en exécutant les arrêts de la cour qui les avaient déjà réprouvés… Mais, sous prétexte de quelques abus, solliciter eux-mêmes la destruction de leur société, c’était une conduite que la religion et la droite raison