Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/610

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Famyne auparavant, à la substention des paouvres de la ville de Rouen[1]. »

Le lendemain, sur les six heures de matin, le président d’Emandreville accompaigné de ses frères et autres de la ville, entra dans la dicte sacristie et feist porter les dietz trois penniers d’or et d’argenterie à la maison de la monnoye où ilz furent posés. C’est assavoir l’or de la châsse de sainct Roumain et deux livres d’euvangilles servans aux grandes festes pesèrent 31 marcs, 5 ou 6 gros [2].

Cette narration laisse à entendre, malgré l’opinion contraire accréditée jusqu’à ce jour, que la châsse saint Romain ne fut point entièrement détruite par les calvinistes ; mais qu’on se contenta de la dépouiller des matières précieuses qui entraient dans sa composition, et de ses pierreries. L’examen des registres capitulaires ne laisse aucun doute à cet égard ; ils portent, sous la date du 22 avril 1563 :

« Il a été ordonné que la vieille fierte du bienheureux Romain, que les ennemis de notre foi ont laissée découverte, sera ornée et décorée, le mieux que faire se pourra, au moyen d’un drap d’or et d’autres menus ornemens. Pour ce faire ont

  1. D’Eudemare, chanoine de Rouen, dans son Histoire du roy Villaume, dit (p. 166) que, de son tems, il y avait dans la fierte de saint Romain, outre la charte de l’archevêque Rotrou, une charte sur parchemin de Robert, fils du duc Richard le., reconnaissant comme il aurait veu dans cette chasse y reposer le corps et le chef du mesme saint Romain. D’Eudemare ajoute qu’il avait vu et lu lui-même cette charte en 1625. Soit que ce chanoine ait voulu désigner Robert l’archevêque, ou bien notre premier duc Robert (il aurait dû dire, dans ce dernier cas, fils de Richard II), nous ferons remarquer que ces deux personnages étaient morts déjà depuis plus d’un demi-siècle, lorsque les ossemens de saint Romain furent pour la première fois placés dans un reliquaire. Il faut donc admettre ou que D’Eudemare s’est trompé, ou que cette pièce était apocryphe.
  2. Manuscrit Bigot, bibliothèque royale.