Page:Amable Floquet - Histoire du privilege de saint Romain vol 2, Le Grand, 1833.djvu/65

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de cette autorité, la plus essentiellement inhérente à la couronne. » Parler ainsi dans une affaire d’éclat, devant le premier tribunal du royaume, et sous un roi aussi jaloux de son pouvoir, que l’était Louis XIV, c’était dénoncer à ce monarque le privilége de la fierte comme un fleuron détaché de sa couronne, c’était l’inviter à le reprendre. Plus tard, nous verrons les paroles de Sacy porter leur fruit.

1683. La fierte est donnée encore une fois à un religionnaire, qui n'avait abjuré qu'après le meurtre pour lequel il sollicita le privilége.

La liaison des idées ne m’a point permis de rapporter en son tems l’élection de 1683. Cette année-la, le chapitre donna la fierte au nommé La Rose, tanneur à Saint-Lô, dans le Cotentin. Les détails du meurtre qui l’avait mis dans la nécessité de recourir au privilége, ne présentant aucun intérêt, nous avons voulu faire remarquer seulement qu’à l’époque où ce meurtre avait été commis (le 24 décembre 1681), La Rose faisait profession de la religion réformée, et qu’arrêté le jour même, à raison de ce crime, il abjura le protestantisme dès le mois de janvier suivant, et fit ses pâques dans la prison. Le lecteur n’a point oublié les conversions si opportunes du sieur De Bonnard de Liniers, en 1625, du sieur D’Eschallou, en 1670 ; et, pour la troisième fois, il se demande, sans doute, si l’intérêt, mobile trop ordinaire des actions humaines, ne serait point entré pour quelque chose dans un changement de religion si subit. Nous nous interdirons toute conjecture à cet égard. Ce qui est