Page:Anatole France - L’Orme du mail.djvu/43

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Société d’encouragement des races chevalines. Depuis lors il retourna fréquemment chez l’orfèvre, attiré par un goût inné des métaux précieux. De son côté, l’abbé Guitrel se ménageait des occasions fréquentes de visiter les magasins de Rondonneau jeune, fabricant d’objets sacrés : chandeliers, lampes, ciboires, calices, patènes, ostensoirs, monstrances, tabernacles. Le préfet et le prêtre se rencontraient sans déplaisir dans les salles du premier étage, à l’abri des curieux, devant le comptoir chargé de lingots et parmi les vases et les statuettes que M. Worms-Clavelin appelait des bondieuseries. Allongé dans l’unique fauteuil de Rondonneau jeune, M. Worms-Clavelin envoyait un petit salut de la main à M. Guitrel qui, gras et noir, se coulait comme un gros rat le long des vitrines.

— Bonjour, monsieur l’abbé ! Enchanté de vous voir !

Et c’était vrai. Il sentait confusément que,