Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/115

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— Eh ! quoi, mon père, répliqua vivement M. Chanterelle, vous êtes religieux et vous me demandez des étrennes !

— Monsieur, répondit le capucin, le bon saint François a voulu que ses fils se réjouissent avec simplicité. Donnez aux capucins de quoi faire un bon repas en ce jour, afin de pouvoir souffrir avec allégresse l’abstinence et le jeûne tout le reste de l’année, hormis, bien entendu, les dimanches et fêtes. »

M. Chanterelle regarda le religieux avec surprise :

« Ne craignez-vous pas, mon père, que l’usage des étrennes ne soit funeste à l’âme ?

— Non ! je ne le crains pas.

— Cet usage nous vient des païens.

— Les païens suivaient parfois de bonnes coutumes. Dieu permettait qu’un peu de sa lumière perçât les ténèbres de la Gentilité. Monsieur, si vous nous refusez des étrennes, n’en refusez pas à nos pauvres enfants. Nous élevons les enfants abandonnés. Avec ce petit écu j’achèterai à chacun un petit moulin de papier et une galette. Ils vous devront le seul