Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/151

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


nesse, alors qu’il suivait les rois dans les villes, où ils allaient sur leurs chars reprendre des filles de Kymé que des héros avaient enlevées. Une cuisse de bœuf était pendue à l’une des solives.

Les anciens de la ville l’avaient envoyée la veille au chanteur pour l’honorer. Il se réjouit à cette vue. Debout, tirant un long souffle de sa poitrine desséchée par l’âge, il ôta de dessous sa tunique, avec quelques gousses d’ail, restes de son souper agreste, le présent qu’il avait reçu du roi d’Ægea, une pierre tombée du ciel et précieuse, car elle était de fer, mais trop petite pour former une pointe de lance. Il rapportait encore un caillou qu’il avait trouvé sur son chemin. Ce caillou, quand on le regardait d’un certain côté, présentait l’image d’une tête d’homme. Et le Vieillard, le montrant à Mélantho :

— Femme, vois, lui dit-il, que ce caillou est à la ressemblance de Pakôros, le forgeron ; ce n’est pas sans la permission des Dieux qu’une pierre est à ce point semblable à Pakôros.