Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/180

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ses aventures de guerre. Et il s’en allait plus loin, dès qu’il lui en prenait envie. C’était un homme violent, rusé, d’un esprit subtil, excellent dans l’action, excellent par la parole. Quand les Atrébates poussèrent le cri de guerre, il ne coiffa pas le casque à cornes d’auroch. Mais il demeura tranquille dans une de ses maisons de bois pleines d’or, de guerriers, de chevaux, de femmes, de porcs sauvages et de poissons fumés. Après la défaite de ses compatriotes, il alla trouver César et mit au service des Romains son intelligence et son crédit. Il reçut un accueil favorable. Jugeant avec raison que ce Gaulois habile et puissant saurait pacifier le pays et le maintenir dans l’obéissance des Romains, César lui donna de grands pouvoirs et le nomma roi des Atrébates. Ainsi le chef Komm devint Commius Rex. Il porta la pourpre et fit frapper des monnaies où se voyait, de profil, sa tête ceinte du diadème à pointes aiguës des rois hellènes et des rois barbares, qui tenaient leur royauté de l’amitié du Peuple romain. Il ne fut point en exécration aux Atrébates.