Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/186

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



II

César, retenu jusqu’à la fin de l’été sur le rivage des Morins, ayant mis à la voile, une nuit, vers la troisième veille, arriva en vue de l’Ile à la quatrième heure du jour. Les Bretons l’attendaient sur la grève. Mais ni leurs flèches de bois durci, ni leurs chars armés de faux, ni leurs chevaux au long poil, habitués à nager dans l’Océan parmi les écueils, ni leurs visages couverts de peintures terribles n’arrêtèrent les Romains. L’Aigle entourée des légionnaires toucha le sol de l’Ile barbare. Les Bretons s’enfuirent sous la grêle de pierre et de plomb lancée par des machines qu’ils croyaient des monstres. Frappés de terreur, ils couraient