Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/191

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rues larges et régulières et tout couvert de pavillons que dominaient les aigles d’or et les couronnes des enseignes, ils s’arrêtèrent émerveillés et se demandèrent par quel art les Romains avaient bâti en un jour une ville plus belle et plus vaste que toutes celles de l’Ile brumeuse.

— Qu’est cela ? s’écria l’un d’eux.

— C’est Rome, répondit l’Atrébate. Les Romains portent partout Rome avec eux.

Introduits dans le camp, ils se rendirent au pied du tribunal où siégeait le proconsul entouré de faisceaux. Il était pâle dans la pourpre, avec des yeux d’aigle.

Komm l’Atrébate prit une attitude suppliante et pria César de pardonner aux chefs bretons.

— En te combattant, dit-il, ces chefs n’ont pas agi selon leur cœur, qui est grand chaque fois qu’il commande. Quand ils poussaient contre tes soldats leurs chars de guerre, ils obéissaient et ne commandaient point ; ils cédaient à la volonté des hommes pauvres et humbles des tribus qui s’assemblaient en grand nombre pour s’opposer à toi, n’ayant pas assez