Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/195

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sable des grèves. Reprenant l’espoir de détruire les Romains, ils méditèrent d’en tuer un grand nombre par la flèche et l’épée, et de jeter le reste dans la mer. C’est pourguoi ils se montrèrent tous les jours assidus dans le camp de César. Ils portaient aux légionnaires des viandes fumées et des peaux d’élans. Ils prenaient des visages amis, répandaient des paroles mielluses et tâtaiant avec admiration les bras durs des centurions.

Pour parître mieux soumis, les chefs livraient des otages ; mais c’étaient les fils des ennemis contre lesquels ils avaient une vengeance, ou bien des enfants sans beauté, qui n’étaient point nés dans une des familles issues des dieux. Et quand ils crurent que les petits hommes bruns se reposaient, pleins de confiance, sur leur amitié, ils rassemblèrent les guerriers de tous les villages des bords de la Tamise et ils se précipitèrent, en poussant des cris, contre les portes du camp. Ces portes étaient défendues par des tours de bois. Les Bretons, ignorant l’art d’enlever les positions fortifiées, ne purent franchir l’enceinte,