Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/214

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ses pensées intérieures. Demeuré longtemps immobile, il leva la tête, pensif, le poinçon sur la lèvre, regarda sans voir, puis, rebaissant les yeux, recmmença d’écrire. Komm le vit en faceet s’aperçut qu’il était jeune, avec un air de noblesse et de douceur.

Alors le chef atrébate se rappela son serment. Il tâta son couteau sous sa saie, se glissa derrière le Romain, avec une agilité sauwage et lui enfonça la lame au défaut de l’épaule. C’était une lame romaine. Le tribun poussa un grand soupir et s’affaissa. Un filet de sang coula du coin de sa lèvre. Les tablettes de cire restaient sur la tunique entre les genoux. Komm les prit et regarda avidement les signes qui y étaient tracés, pansant que c’étaient des signes magiques dont la connaissance lui donnerait un grand pouvoir. C’étaient des lettres qu’il ne put lire et qui étaient prises à l’alphabet grec, alors employé préférablement à l’alphabet latin jpar las jeunes lettrés d’Italie. Ces lettres étaient en grande partie effacées par l’extrémité plate du stylet. Celles qui subsistaient donnaient des vers composés