Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/219

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Komm trouva pourtant accueil dans les huttes éparses sur les sables toujours battus des vents, au bord des bouches endormies de la rivière Somme. Les habitants de ces dunes se nourrissaient de poissons. Pauvres, épars, perdus dans les chardons bleus de leur sol stérile, ils n’avaient point éprouvé la force romaine. Ils le recevaient avec ses compagnons dans leurs maisons souterraines, couvertes de roseaux et de pierres roulées par la mer. Ils l’écoutaient attentivement, n’ayant jamais entendu un homme parler aussi bien que lui. Il disait :

— Sachez qui sont les amis des Atrébates et des Morins qui vivent sur le rivage de la mer et dans la forêt profonde.

La lune, la forêt et la mer sont les amies des Morins et des Atrébates. Et ni la mer, ni la forêt, ni la lune n’aime les petits hommes bruns amenés par César.

Or la mer m’a dit : — Komm, je cache tes navires vénètes dans une anse déserte de mes rivages.

La forêt m’a dit : — Komm, je donnerai