Page:Anatole France - Les Contes de Jacques Tournebroche.djvu/254

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« L’âne hache les raves comme il sait. A son exemple, vous hachez sans discernement, le lendemain de même que la veille, ignorant ce qu’il convient de détruire et ce qu’il convient de respecter. Mais sachez que je n’ai tant souffert et combattu que pour vivre dans ma ville. Je la défendrai donc et mourrai, s’il le faut, l’épée à la main. »

Je n’en dis pas davantage et je sortis. Ils coururent sur mes pas et, s’efforçant de m’apaiser par leurs prières, ils jurèrent de respecter Florence.

FRA AMBBOGIO.

Puissent nos fils oublier que vous fûtes à l’Arbia et se rappeler que vous fûtes à Empoli ! Vous vécûtes dans des temps cruels, et je ne crois pas qu’il soit facile tant à un guelfe qu’à un gibelin de faire son salut. Dieu, messer Farinata, vous garde de l’enfer et vous reçoive, après votre mort, en son saint Paradis !

FARINATA.

Le paradis et l’enfer ne sont que dans notre esprit. Épicure l’enseignait et beaucoup