Page:Anatole France - M. Bergeret à Paris.djvu/12

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


hommes. Laissant faire à M. Bergeret, il faisait son devoir. Il aboyait à grands coups pour épouvanter les méchants. Puis il tirait du fond de sa gueule des grognements de haine et de colère ; un pli hideux des lèvres découvrait ses dents blanches. Et il menaçait les ennemis en reculant.

— Tu as un chien, papa ? fit Pauline.

— Vous ne deviez venir que samedi, dit M. Bergeret.

— Tu as reçu ma lettre ? dit Zoé.

— Oui, dit M. Bergeret.

— Non, l’autre.

— Je n’en ai reçu qu’une.

— On ne s’entend pas ici.

Et il est vrai que Riquet lançait ses aboiements de toute la force de son gosier.

— Il y a de la poussière sur le buffet, dit Zoé en y posant son manchon. Ta bonne n’essuie donc pas ?

Riquet ne put souffrir qu’on s’emparât ainsi du buffet. Soit qu’il eût une aversion