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LES CYGNES SAUVAGES.

sans hésiter qu’elle n’était pas sa fille, et personne alors ne voulut plus avouer qu’il la connût. Seuls le chien de garde et les hirondelles accueillirent la malheureuse princesse comme une vieille et chère connaissance ; mais c’étaient de pauvres et muets animaux, et ils ne pouvaient rien pour elle.

La malheureuse Elfride se prit à pleurer et à songer à ses onze frères qui avaient disparu. Le cœur navré de douleur, elle s’enfuit par la porte du château, et erra tout le long du jour à travers plaines et marais pour enfin arriver à une grande et sombre forêt. Elle ne savait pas le moins du monde où aller, et son découragement était extrême ; mais elle brûlait du désir de revoir ses frères. « Sans doute, se disait-elle, ils errent en ce moment comme moi, abandonnés de tous et ne sachant non plus où reposer leur tête dans ce vaste univers. Je ne cesserai de les chercher que lorsque je les aurai retrouvés. »

Il n’y avait que très-peu d’instants qu’Elfride se trouvait dans la forêt, quand la nuit l’y surprit. Elle avait perdu son chemin. Tremblante