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LES CYGNES SAUVAGES.

lieu d’un bras qui lui manquait. Une manche de la cotte de mailles était en effet restée inachevée, parce que sa bonne sœur Elfride, malgré tout son incomparable zèle, n’avait pas pu la complètement finir.

« Enfin, je puis parler, s’écria-t-elle alors ; je suis innocente ! »

Et le peuple, témoin de ce qui venait de se passer, s’inclinait devant Elfride comme si elle eût été une des saintes du bon vieux temps ; tandis qu’elle retombait presque sans vie, accablée d’inquiétude et de crainte, dans les bras de ses frères.

« Oui, elle est innocente ! » s’écria l’aîné. Et alors il raconta tout ce qui leur était arrivé. Pendant qu’il parlait, une suave et balsamique odeur, semblable à celle qu’eût seul pu produire un million de roses, se répandit de toutes parts. C’est que tous les morceaux de bois qui composaient le bûcher avaient instantanément pris racine, et poussé de verdoyants rameaux. Au lieu d’un horrible bûcher enflammé, la foule n’avait plus devant elle qu’un immense et magnifique bosquet tout couvert de roses de