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ÉLISE.

parlait avec un égal dédain des uns et des autres, encore bien qu’il ne les eût jamais vus. Élise dut chanter devant la taupe, et elle lui chanta deux chansons : Hanneton, vole ! vole ! et Ah ! vous dirai-je, maman ! La taupe trouva la petite fille tout à fait à son goût à cause de sa belle voix ; mais elle se garda bien d’en rien faire paraître, car c’est un animal aussi prudent que sensible.

Elle avait tout récemment pratiqué une longue galerie souterraine conduisant de sa demeure à celle du mulot son voisin, et elle lui permit ainsi qu’à Elise d’y venir aussi souvent que cela leur conviendrait. Seulement elle leur recommanda de ne pas s’effrayer de l’oiseau mort qui s’y trouvait à l’entrée. C’était très-certainement un oiseau mort tout récemment, car il avait encore toutes ses plumes ; on eût dit volontiers qu’il avait été gelé exactement à l’endroit où la taupe avait placé l’entrée de son passage.

Le voisin mulot prit alors les devants pour éclairer le chemin à ces dames. Arrivé à l’endroit où gisait l’oiseau mort, il frappa le sol